Critique ciné – La dame en noir

Les fans d’Harry Potter attendaient ce film au tournant et pour une bonne raison puisqu’il représente la toute première apparition de Daniel Radcliffe sur le grand écran depuis la saga du célèbre sorcier. Il faut cependant croire que Daniel devra encore attendre pour s’émanciper totalement de ce personnage car James Watkins a réalisé avec la Dame en noir un film d’horreur certes divertissant mais finalement peu original.

Synopsis:
Arthur Kipps, jeune notaire anglais est obligé de se rendre à Crythin Gifford – un coin totalement paumé – où il doit préparer la vente d’un manoir coincé sur une presqu’île dont la propriétaire vient de mourir. Bien évidemment il va vite se rendre compte que la maison a un quelque-chose de malsain et va se retrouver confronté seul à des phénomènes étranges, les villageois ne lui apportant pas leur aide et gardant un terrible secret.

 

La recette du parfait petit film d’horreur ?

Rien que le pitch du film est le reflet d’une vision classique de l’horreur et pour cause, La dame en noir est en fait la 5e adaptation du roman de Susan Hill sorti en 1983. On retrouve ainsi des éléments bien connus du genre tel la grande demeure hantée, le village paumé au milieu de nul part, la population très hostile, des secrets de famille, la vieille folle qui a des visions, les enfants presque psychotiques… bref, les ingrédients d’une recette de film d’horreur « parfait » or ce n’est pas le cas ici.

Ces trois gamines nous mettent dans l'ambiance dès les premières secondes...

Un film en demi-teinte

Ce film m’a particulièrement laissé perplexe, d’un côté j’étais content de revoir Daniel Radcliffe dans un rôle qui lui va plutôt bien – et il faut avouer qu’il a la grande classe -, même constat pour Ciarán Hinds qui joue le sidekick d’Arthur – Sam – de manière naturelle (et qui a aussi joué le rôle d’Abelforth Dumbledore… :p); enfin le film en lui-même est divertissant et l’on ne voit pas spécialement passer le temps. L’ambiance est elle aussi particulièrement réussie avec des musiques plutôt discrètes mais qui savent se faire entendre au bon moment, une bonne maîtrise de la lumière, des décors tantôt oppressants, tantôt rassurants, et un jeu d’acteur convainquant. Cependant il faut avouer qu’il souffre de quelques lourdeurs et surtout il utilise des techniques de mise en scène vues et revues qui gâchent un peu le côté « horreur ».

"La France forte"

Évidemment bien des films d’horreurs utilisent les mêmes procédés de mise en scène de l’horreur mais beaucoup cherchent quand même à surprendre le spectateur, ce qui n’est pas le cas ici. En effet, à quatre ou cinq scènes près, j’ai à chaque fois deviné ce qui allait déclencher la peur dans la scène et d’ailleurs on peut voir la même scène d’horreur se répéter dans le film ce qui détruit l’élément de surprise et rend le long-métrage d’autant plus prévisible. Je dois néanmoins reconnaître que si ces moments de trouille sont très prévisibles, elles restent efficaces même si au final on se retrouve plus à sursauter à cause d’un cri strident ou de la musique dont le volume augmente brusquement, que de l’affreuse dame en noir elle-même. Enfin je dirais qu’une des plus grandes faiblesses du long-métrage est son histoire qui peine un peu à avancer et qui laisse pas mal de vide.

- Tu es un sorcier, Harry !

Pour conclure je dirais que malgré ses nombreux défauts de mise en scène et le fait qu’il m’ait laissé sur ma faim, la dame en noir s’en tire plutôt bien pour un film d’horreur puisqu’il est au final assez divertissant. Un film donc à regarder si jamais vous voulez passer une nuit d’horreur et que vous n’avez rien d’autre à faire.