Comme vous le savez sûrement le retrogaming est revenu à la mode: si il y a 5 ans vous vous disiez « retrogamer », c’était la honte totale mais aujourd’hui c’est être « dans l’coup » et faire partie d’une communauté qui s’accroît considérablement et où l’on voit de plus en plus de jeunes joueurs s’intéresser aux jeux old-school et a l’histoire du Jeu Vidéo en général. On peut alors se demander si cet exode des joueurs est dû à un manque de qualité dans les jeux proposés sur nos consoles nextgen (Playstation 3, Xbox 360 et Wii) ou à autre chose ?

L’arrivée d’une nouvelle génération : les « casuals »

Il est évident que le jeu-vidéo a énormément évolué depuis ses balbutiements dans les années 60-70 jusqu’à aujourd’hui, une évolution qui s’est accéléré dès les années 90 : on a vu des genres apparaître et disparaître, de grandes licences, un progrès technique constant…

Tout un nouveau monde s’ouvre à vous

Mais une des grandes transformations du jeu-vidéo a en fait eu lieu « récemment » puisqu’elle s’est opérée plus ou moins en 2007, avec l’arrivée des consoles nextgen : si les différents constructeurs avaient déjà cherchés à attirer le grand public avec la génération précédente par le biais de jeux plus ou moins anecdotiques (ex: l’Eyetoy, Buzz, etc…), il s’est avéré que les constructeurs n’ont vraiment compris le potentiel que pouvait avoir ce loisir auprès du très grand public qu’au moment de la préparation de l’arrivée de la nouvelle génération de consoles.

Ainsi on a vu fleurir de nombreuses campagnes publicitaires vantant le côté familial et/ou convivial de la console ou même le côté pratique, concept d’abord utilisé à tors et à travers par Nintendo pour sa Wii, suivi de près par Microsoft et son kinect et enfin Sony dans une moindre mesure avec son Playstation Move. En effet il s’agit ici pour les constructeurs d’attirer une nouvelle forme de joueurs, les casual gamers qui ne sont pas spécialement habitués à devoir gérer une dizaine de touches, avec ces consoles et accessoires d’un nouveau genre.

Pour toucher ces nouveaux joueurs il a fallu s’adapter en développant de plus en plus de jeux où finalement il n’y a pas besoin de skill ou de réfléchir bien longtemps mais juste de secouer une manette dans tous les sens – quand ce n’est pas notre corps que l’on secoue –  pour effectuer des actions. Et pour les jeux un peu plus « classiques », eh bien on rajoute une tonne de tutos, une bonne dose d’assistance afin de ne pas trop déranger le joueur casual qui veut jouer à des jeux plus sérieux que Wii Sport 3000++. Si certains joueurs et journalistes sont optimistes et parlent donc d’une démocratisation du jeu vidéo, d’autres – mécontents de cette « casualisation » – parlent eux d’une vulgarisation.

Une communauté de joueurs qui vieillit et plus exigeante

En fait le problème ne vient pas spécialement des éditeurs – qui finalement font ce qu’ils ont toujours fait : vendre leurs jeux au plus grand nombre – mais plutôt des joueurs qui commencent à vieillir, de ces « vieux d’la vieille » qui ont connu les gloires passées du jeu-vidéo et qui se sentent p’têt abandonnés face aux casuals.

Si les jeux familiaux et pour enfants ont toujours été présents dans les magasins, ils n’ont jamais eu une aussi grande importance jusqu’à l’arrivée de la Wii notamment où l’on a vu fleurir de grands rayonnages mettant en vedette de nombreux jeux pour casuals alors que dans l’ancienne générations on les trouvait généralement « cachés » dans un coin. Ceci a dû surprendre bon nombre de joueurs, surtout quand on voit que certains de ces jeux ont éclipsés quelques grandes licences.

De nouvelles grandes licences ont aussi fait leur apparition – heureusement – pour  combattre ces jeux casuals mais force est de constater qu’avec le temps, les « vieux de la vieille » qui ont connu les heures de gloire du Jeu Vidéo sont devenus de plus en plus méfiants, ou du moins exigeants. En même temps il faut avouer qu’il est très difficile lorsque l’on a suivi de très bonnes licences durant des années, de se laisser convaincre par de toutes nouvelles licences inconnues. D’autant plus que dans les premiers temps bien des jeux sont arrivés en nous promettant monts et merveilles pour finalement se révéler n’être que d’immondes bouses – et c’est encore le cas aujourd’hui.

Crève foutu casual…!

Donc forcément on devient forcément plus dur avec les jeux actuels, on ne peut jamais s’empêcher de les critiquer et de les comparer avec d’anciens titres du même genre. Suffit de voir que les vidéotesteurs sont de nos jours plus pointus que des chroniqueurs de sites spécialisés qui sont payés pour nous donner normalement une bonne critique des jeux. Combien de fois ne vous est-il pas arrivé, malgré vous de sortir des commentaires en plein jeu sur les graphismes, ou le gameplay au lieu de simplement jouer ?

Des arguments pas toujours pertinents…

Si certaines critiques sont tout à fait justifiées, il faut aussi remarquer que bien des détracteurs du jeu vidéo d’aujourd’hui font tout de même preuve de mauvaise foi en invoquant comme argument des idées reçues qui se propagent tels que :

  • Il n’y a plus de difficulté dans les jeux-vidéo : Si évidemment il y a de plus en plus de jeux casuals où on est plus ou moins assistés, cela ne veut pas dire que les jeux sont tous simples, certains genre comme les jeux de bastons restent toujours destinés pour les plus hardcore d’entre-nous ou encore le FPS : si Call of Duty a ouvert les portes du FPS aux casuals, son mode online reste toujours une purge si l’on a pas de skills. D’ailleurs on a beau pester contre les trophées ou les succès, il y en a qui pour être obtenus demandent beaucoup de courage et de skills.
  • Les jeux-vidéo sont plus courts : Faux, vous vous rappelez des nombreux jeux 8/16/32-bits qui se finissaient en 3 heures et moins ? C’est juste qu’à l’époque on ne se rendait pas compte du temps de jeu, puisqu’étant jeunes noobs on se foirait et recommençait un bon nombre de fois la partie, ce qui allongeait la durée de vie. En général, les durées de vie des jeux n’ont pas tellement changés: les RPG restent pour la plupart toujours aussi longs, et les jeux de plateforme courts…
  • Les jeux-vidéo n’ont plus d’âme : C’est comme partout, il y a des bouses innommables sans aucune âme, qui ne nous donnent pas envie d’y (re)jouer mais ce qui est vrai c’est qu’à cause du marketing, on nous promet toujours de plus en plus d’originalité, de nouveautés et que l’on est vite déçus… ce qui enlève forcément une partie du charme du jeu.

Donc voilà, la réponse peut paraître bête mais non, les jeux d’aujourd’hui ne sont pas forcément moins bons que leurs prédécesseurs mais ce sont les joueurs qui après avoir vu l’apparition et la disparition de titres et grandes licences ont développé un esprit critique plus pointu à l’égard de ces jeux qui volent la vedette à nos anciennes licences.

Voilà en tout cas mon point de vue sur le sujet, donc si jamais j’ai oublié un point, que mes arguments ne sont pas pertinents et voyez autre chose, ou encore que vous êtes tout simplement d’accord, n’hésitez pas à éclairer le sujet avec vos commentaires !