Certains(es) ont beau dire que le genre du RPG est aujourd’hui désuet, d’autant plus lorsqu’il s’agit de jeux de rôle japonais dont l’on dit le marché en crise; mais force est de constater que les aficionados du genre ont été gâtés ces dernières années qui vu une palanquée de titres envahir les magasins. A l’heure où l’on se tourne vers la nouvelle génération de consoles, j’vous propose de faire un petit tour des RPGs qui auront pour moi marqué la dernière génération.

Le passage des consoles 128-bits aux consoles HD aura été une période bizarre: si vous aimiez les jeux de rôle japonais vous aviez très certainement une PS1 et/ou une PS2 dont la librairie comptait bon nombre de (bons) jeux de ce genre et à l’apparition de la nouvelle génération c’est tout naturellement que l’on pouvait s’attendre à voir débarquer ce genre en fanfare sur la nouvelle console de Sony – du moins, c’est ce que j’attendais. Ayant obtenu une PS3 dès l’année de sa sortie et n’ayant que l’infâme Sonic the Hedgehog (!) sous la main, j’attendais avec impatience l’arrivée de nouveaux JRPG mais à ma grande surprise, c’est sur Xbox 360 que l’on à vu arriver les premiers RPG et pas des moindres en plus !

La jaquette PAL de Tales of VesperiaQuand sur Playstation c’était la famine avec pour seul représentant du genre un Enchanted Arms un peu moisi il faut le reconnaître – et en plus, aussi dispo sur X360 – et Oblivion – aussi dispo sur X360… -, la console de Microsoft a quant à elle rapidement eu de gros titres comme Blue DragonMass Effect, Fable 2 et j’en passe…

Il aura fallu attendre fin 2008/début 2009 pour commencer à voir quelques exclusivités cools sur PS3 – et quelques portages – et encore, la Xbox ne se laissait toujours pas démonter en balançant des titres comme Magna Carta 2 ou le Tales of Vesperia qui m’avait sérieusement dégoûté à l’époque de posséder le monolithe de Sony à la manière d’un Eternal Sonata deux ans plus tôt. D’ailleurs à ce moment-là, les seuls jeux à me consoler étaient deux jeux PS2 sortis chez nous après la PS3 : Persona 3 FES et Persona 4 (dont je vous ai déjà fait la critique de l’excellente version Vita), c’est vous dire…

Sur les consoles portables par contre, on a eu le droit à une abondance de titres allant du très moyen (Riviera) au très bon (Kingdom Hearts: Birth by Sleep) autant sur PSP que sur DS et ce, dès 2006 avec un p’tit effet de mode pour le Tactical (Disgaea, Fire Emblem: Shadow Dragon, Final Fantasy Tactics: the War of the Lion, Valkyrie Profile: Covenant of the plume…).

Assez parlé du contexte, passons aux choses sérieuses: les jeux ! Et avant toute chose je préfère vous prévenir : la liste sera loin d’être exhaustive et je ne traiterai pas forcément tous les gros titres, de plus vous ne verrez pas d’exclu X360 pour la simple raison que je n’y ai jamais touché. De plus c’est une sélection subjective, rien de factuel dans tout ça, donc si vous voyez un de vos RPGs préférés absent de la liste, n’hésitez pas à en parler en commentaire – je ne vous mordrai pas, même si c’est pour défendre un Sonic Chronicles. 😉

Les jeux

Valkyria Chronicles (PS3)

Si vous avez une Playstation 3, prenez-le ! Ce super jeu de SEGA est pour moi un indispensable et l’un de mes jeux préférés toutes consoles et tous genres confondus.

L’intrigue est une uchronie prenant place dans une Europe des années 30 prise dans une guerre entre deux gros blocs: l’Alliance Impériale et la Fédération Atlantique. Et au milieu de tout ça, il y a la principauté de Gallia qui décide de sortir de sa neutralité pour empêcher son invasion par l’Empire. On suit donc à la fois l’histoire de cette nation mais aussi de Welkin, un biologiste qui se retrouve à diriger une des brigades de Gallia composée de civils en tout genre qui, comme lui, ont leur passé et aspirent tous à retrouver une vie normale.

Ce jeu est une véritable perle malheureusement trop oubliée à mon goût: l’intrigue est parfois très poignante – surtout lorsque l’on comprend les nombreuses références à la seconde guerre mondiale -, les personnages sont très variés mais tous très attachants et la direction artistique est parfaite: tant au niveau de l’OST vraiment bonne qu’au niveau des graphismes qui dans un genre totalement différent, avec ce côté crayonné, n’ont rien à envier d’un Okami. Le gameplay est assez original puisque pour résumer, il propose un mix entre T-RPG, combats en semi-temps réel et FPS. Bon ça peut sembler abstrait ou bordélique dit comme ça mais l’ensemble fonctionne vraiment bien, pad en main.

Valkyria Chronicles : Selvaria Bles

Je ne peux que vous conseiller de vous le procurer, ou au moins de l’essayer, car il est vraiment excellent et mérite plus de succès.

Final Fantasy XIII (X360/PS3)

Un des jeux les plus attendus de la génération, faut dire qu’avec cette licence on a toujours eu le droit à du lourd de la part de Square Enix – du moins pour la série principale -, et même si pour tout avouer je n’ai pas du tout accroché à ce 13ème épisode de la saga, je dois dire que cet opus ne déroge pas à la règle et aura bien marqué les esprits.

On y suit le périple de Lightning et de 5 autres protagonistes dans un univers de science-fiction où les humains ont quitté la surface de Pulse envahie de monstres et d’entités dénommées fal’cie pour se réfugier sur Cocoon, une planète artificielle gérée par un gouvernement obéissant aux ordres d’un fal’cie tout aussi artificiel. Alors qu’une nouvelle « purge » des malheureux ayant été en contact avec les fal’cie de Pule prend place à Cocoon, les héros vont tenter de se rebeller contre ce système pour sauver leurs êtres chers.

Très honnêtement si l’intrigue de base m’intéressait, la suite m’a très rapidement gavé – et encore plus si l’on inclue XIII-2 et Lightning Returns – et les personnages n’ont pas aidé, à commencer par Lightning que je trouve absolument badass et super classe mais dont le caractère fait que je n’arrive pas à éprouver de l’empathie et encore moins à m’y attacher. L’exploration en « couloirs » ne m’a pas outré comme certains(es) fans qui croient savoir ce qui caractérise un Final Fantasy – chaque épisode étant bien différent de ceux qui le précèdent, j’aimerais bien que l’on m’explique d’ailleurs à moins qu’un FF ne se résume qu’aux Chocobo – mais vu que c’est un type de progression totalement dépendant de l’intrigue à laquelle j’ai pas accroché, forcément ça n’a pas aidé. Et d’ailleurs, je n’ai pas eu le courage de le finir.

Dommage que le personnage ne me paraisse qu'antipathique car du reste, son design est classe.
Dommage que le personnage ne me paraisse qu’antipathique, son design est classe.

Ça, ce n’est que mon expérience personnelle et ça n’doit pas vous décourager car objectivement, l’histoire est très bien narrée et la plupart des personnages ne sont pas dénués d’intérêt. Et si l’on peut regretter une progression plus linéaire, au moins ça permet de donner du rythme à l’intrigue. Quant au gameplay, c’est clairement un niveau au-dessus des jeux précédents : on garde toujours les mêmes bases mais cette fois-ci on a le droit à du temps réel ce qui rend les affrontements très dynamiques. Les animations sont très bonnes tandis que les cinématiques et l’univers sont impressionnants tant ils sont beaux.

Resonance of Fate (PS3/X360)

Un RPG de Tri-Ace assez attendu si j’me souviens bien, beaucoup de joueurs(euses) bavaient devant les trailers mais bizarrement le jeu n’a pas rencontré un si grand succès. Faut dire aussi que comme la plupart des titres du développeur, le jeu est assez exigeant voire « hardcore » pour certains(es).

Dans ce jeu on dirige trois chasseurs de prime dans un univers aux apparences post-apo se résumant à une tour érigée par les humains qui ne peuvent plus vivre à la surface de la terre et dont chaque étage correspond à une classe sociale précise – le haut de la tour étant réservé aux plus riches. Un univers d’autant plus noir qu’une machine installée dans ladite tour contrôle l’espérance de vie de chaque habitant. Si vous ne vous contenterez que de remplir des petites missions pour aider des habitants lambda, l’intrigue va bien évidemment prendre une plus grand ampleur par la suite.

Le jeu possède une super ambiance steampunk avec des environnements ultra détaillés et une bande son à l’orgue bien classe. Les personnages sont quant à eux stéréotypés au possible mais tout de même fun à suivre. Enfin le gameplay aux combats en semi-temps réel est jouissif et très poussé mais pas forcément très accessible pour les néophytes du genre. Si vous arrivez à mettre les différents éléments de gameplay à votre disposition, à optimiser votre équipement et à prendre l’habitude de bien observer vos ennemis avant de foncer, vous ne devriez pas avoir trop de problèmes. Dans le cas contraire, vous risquez de vous faire botter méchamment les fesses par le jeu.

Très bon titre original avec beaucoup de qualités que je vous conseille vivement mais si vous avez du mal avec le genre ou débuter, c’est pas un titre que je vous recommanderais forcément.

The World Ends With You (DS)

L’un des jeux les plus originaux et clairement l’un des meilleurs, The World Ends With You fait partie de ces jeux qui se suffisent à eux-même mais dont on aimerait quand même voir une suite juste parce que le concept est génial.

On y suit Neku Sakuraba, jeune Tokyoïte qui se réveille en plein milieu d’un passage piéton de Shibuya – quartier de la mode et de la musique super hype au Japon – et découvre sur sa main un compte à rebours ainsi qu’un badge qui lui permet de lire dans les pensées des gens. Et comme si ça ne suffisait pas, le v’là poursuivi par une horde de monstres étranges que seul lui, sa partenaire Shiki Misaki et les autres participants du jeu morbide dans lequel ils sont prisonniers peuvent voir.

L’histoire est sympa et les persos aussi mais les gros points forts du jeu sont vraiment sa DA artistique tout aussi agréable sur le plan sonore avec une OST géniale – que ne renierait pas forcément un Hideki Naganuma – que sur le plan graphique avec du bon Tetsuya Nomura ainsi que son gameplay original qui exploite parfaitement les deux écrans de la DS.

Persona 2: Innocent sin (PSP)

Sorti la même année que le très bon Persona 3 Portable, Persona 2: Innocent sin est un incontournable du genre. Bizarrement c’est un titre que j’attendais avec impatience jusqu’à sa sortie en 2011 mais auquel je n’ai pas touché jusqu’à cette semaine où j’ai profité des soldes PSN pour le prendre sur Vita et je le regrette.

Le système de combat est bien old-school mais toujours efficace.
Le système de combat est bien old-school mais toujours efficace.

On y incarne Tatsuya Suou, un lycéen qui se retrouve très vite à la poursuite du Joker, un être mystérieux dont la rumeur dit qu’il exauce les voeux lorsque l’on pratique un petit rituel avec son téléphone portable mais qui en réalité transforme les gens en coquilles sans âme et rend toutes les rumeurs prononcées dans la ville vraies – autant dire que ça fout le bordel. De plus, le Joker cherche à tuer Tatsuya en l’accusant d’un pêché qu’il aurait commis par le passé mais dont il n’a aucun souvenir…

Il pourra déstabiliser un peu les fans des derniers Persona car il ne propose pas de social links et se rapproche plus d’un Shin Megami Tensei avec la possibiliter de faire des pactes avec les démons durant les combats mais le jeu possède vraiment toutes les qualités que l’on attend d’un Persona. A savoir, une très bonne intrigue, des personnages très travaillés, une bonne OST et un gameplay au poil. Persona 2 reste un peu oldschool mais ce remake PSP a le mérite de bien le dépoussiérer et de le rendre plus dynamique et abordable contrairement au remake du 1er.

Voilà donc pour ce premier tour d’horizon de ce que je considère comme les RPGs les plus intéressants de la génération de consoles passée. Encore une fois, cet article est loin d’être exhaustif et est purement subjectif donc en attendant la deuxième partie, j’vous invite une fois de plus à partager et défendre les titres qui VOUS ont le plus marqué ici.

Edit: La deuxième partie est maintenant en ligne, si vous voulez y jeter un coup d’oeil, c’est par ici !