Difficile de ne pas avoir entendu parler d’American Bluff (American Hustle en VO), le nouveau film de David O.Russel a en effet bénéficié d’une bonne promo les jours précédant la sortie du film, notamment avec un Bradley Cooper omniprésent à la télé française. Si l’idée d’un film embarquant de relative grandes pointes du cinéma d’aujourd’hui, à savoir Christian Bale, Bradley Cooper, Jeremy Renner, Jennifer Lawrence ou encore Amy Adams dans une même histoire était plutôt alléchante, cela n’est malheureusement pas toujours gage de qualité. Alors American Bluff, escroquerie ou non ? Ma réponse dans cet article.

Le premier truc qui pète aux yeux – et aux oreilles – c’est l’esthétique maîtrisée du film. L’intrigue se déroule en 1978 et l’on retrouve donc une direction artistique très orientée 70’s tant au niveau de l’environnement avec une recréation d’un vieux New Jersey réaliste qu’aux niveau des costumes très kitsch. Mais le mieux reste sûrement la bande-son – à base d’Elton John, de Paul McCartney, de Tom Jones, de Donna Summer et j’en passe… – que l’on prend plaisir à découvrir à travers de scènes pûrement musicales tout au long du film.

L’intrigue de base n’est pas forcément extraordinaire puisque l’on y suit simplement deux escros et amants, Irving Rosenfeld et Sydney Prosser, qui après s’être faits démasqués par un agent du FBI, Richie DiMaso (), se retrouvent obligés de monter une opération sous ses ordres afin de démasquer des politiciens corrompus en échange de l’abandon des charges retenues contre eux. On imagine bien évidemment que rien ne va se dérouler comme prévu et qu’il va y avoir des jeux de mensonges entre les personnages comme dans tout bon film d’arnaques et de gangsters, du classique donc mais seulement sur le papier en fait car dans les faits, American Bluff est vraiment surprenant.

Christian Bale dans American Bluff
Il aurait presque des airs de John Goodman.

Car ouais, le scénario d’American Bluff finalement on s’en fiche – même s’il y a quelques twists bien sympas – mais l’on ne peut pas dire autant des personnages qui sont géniaux. Il suffit de voir Christian Bale jouer son rôle d’escroc ringard au bon gros bide-à-bières et portant un postiche ou Bradley Cooper en agent ambitieux aux méthodes peu orthodoxes et passant son temps avec des bigoudis dans les cheveux pour se rendre compte que l’on a affaire à des personnages assez loufoques. Et dans cette catégorie, la palme revient certainement à Jennifer Lawrence qui nous joue le rôle de Rosalyne, une épouse trentenaire dépressive et totalement frappadingue, avec brio ! Même la petite apparition de De Niro en vieux mafioso est fun.

Housewife Games
Housewife Games

La réalisation est spéciale. Après un flashback un poil longuet pour poser les personnages, le film nous balance dans tous les sens avec un rythme très particulier. On enchaîne des scènes d’amour par d’autres plus sérieuses entrecoupées de scènes musicales… une minute, on a une scène plutôt dramatique et la minute d’après plus tard on se retrouve brusquement devant une situation totalement WTF et complètement jouissive. Le rythme ne plaira pas à tout le monde, mais le film a au moins le mérite de nous proposer de la variété et l’on ne voit pas le temps passer.

American Bluff: Christian Bale & Bradley Cooper

Et enfin, le mieux reste encore les dialogues magiques qui partent eux aussi dans tous les sens et parfois dans l’absurdité la plus totale. Je ne sais pas ce que ça donne en VF, mais je peux vous dire que j’ai quasiment passé tout mon temps à me poiler dans la salle de cinéma en écoutant la VO sous-titrée. La scène du pouvoir de l’intention est en ce sens probablement une des meilleures du film avec ce dialogue de sourd bien barré.

Si effectivement vous cherchez un film de gangsters au scénario complexe et au ton sérieux, passez votre chemin. Par contre si vous cherchez à passer un bon moment en écoutant de la bonne musique et en regardant un putain de bon casting faire les marioles devant la caméra, American Bluff vous plaira à coup sûr. Le délire ne plaira pas à tout le monde mais le film vaut quand même le détour.