Test PS Vita – Danganronpa Trigger Happy Havoc, une tuerie !


Price:
35€

Reviewed by:
Rating:
5
On mars 11, 2014
Last modified:octobre 4, 2014

Summary:

Danganronpa Trigger Happy Havoc, un must-have pour tout possesseur de Vita et aficionados de jeu d'aventure japonais.

Il y a des perles vidéoludiques nippones qui se laissent parfois désirer en Occident et Danganronpa Trigger Happy Havoc en fait partie. J’en avais entendu parler au moment de sa première sortie sur PSP au Japon il y a 4 ans et le jeu m’interpellait déjà à l’époque. Et finalement, un peu comme Tales of the Abyss sur 3DS, il aura fallu un portage du titre de Spike Chunsoft sur une nouvelle console et la bonne politique de Koch Media pour voir débarquer le titre en Europe. Une attente longue mais l’on a enfin le droit à ce qui est pour moi un incontournable pour tous les possesseurs de la PS Vita.

L’histoire nous met dans la peau de Makoto Naegi, un jeune lycéen ordinaire qui est accepté, par pure (mal)chance suite à un tirage au sort, à rentrer dans l’école la plus prestigieuse qui soit:  l’Académie Hope’s Peak qui invite que des étudiants aux compétences exceptionnelles dans des domaines particuliers et dont on dit que tout élève y voit son avenir assuré. Makoto, surnommé l’Ultime Chanceux, est donc invité à rejoindre 15 autres élèves exceptionnels tels que Aoi Asahina – la Nageuse Ultime -, Mondo Owada – le chef de Gang de Bikers Ultime -, Kyouko Kirigiri – la ??? Ultime – ou encore Junko Enoshima – la Fashionista Ultime. Malheureusement en visitant l’école, Makoto s’évanouit et à son réveil, c’est une toute autre école qu’il découvre… une école dirigée par un ours en peluche totalement creepy nommé Monokuma et dont le seul moyen de s’échapper est d’assassiner un des 15 autres élèves sans se faire prendre. Et si le tueur n’est pas démasqué, les survivants seront tous exécutés…

Très honnêtement, en découvrant ce pitch il y a quelques années, je m’attendais à une ambiance à la DOUBT/ JUDGE et comme beaucoup d’autres personnes, en découvrant des images du jeu et des infos sur le gameplay, j’me suis dis qu’il y aurait un peu de Persona et de Phoenix Wright dans le mélange ce qui me donnait encore plus envie de jouer au jeu. Mais après 28h + de jeu intensif, j’peux vous dire que le jeu offre tout ça et bien plus encore.

M’enfin avant de partir dans des éloges sans fin, concrètement Danganronpa c’est quoi ? Il s’agit avant tout d’un jeu d’aventure bien japonais : entendez par là qu’il s’agit d’un visual novel, une sorte d’aventure textuelle à la première personne. Mais Danganronpa ne se résume pas qu’à ça et se démarque du point-n-click  et du visual novel lambda en tapant dans les genres du shoot et du rythm game.

Concrètement chaque chapitre du jeu est décomposé en trois parties : la vie scolaire durant laquelle vous explorez l’école et nouez/entretenez chaque jour des relations avec les autres protagonistes afin d’en découvrir plus sur eux et d’en tirer des bonus. Puis vient l’enquête où, après la découverte d’un meurtre, vous devez trouver des preuves en mode point-n-click pour trouver l’assassin.

Les procès

Enfin arrivent alors les procès et c’est bien là que le jeu se démarque de tous les visual novels – et de Phoenix Wright auquel certain(es) le comparent. Ils s’agit de débats en plusieurs parties entre les différents personnages qui émettent leurs hypothèses et c’est à vous d’orienter le débat vers la bonne conclusion. Le but est littéralement de dégommer les hypothèses erronées qu’ils peuvent émettre à l’aide d’un nombre plus ou moins élevé d’éléments de preuves que vous avez trouvé précédemment et qui vous sont proposés en début de chaque séquence et représentées sous forme de balles. C’est dans ces moments là que le jeu se « rapproche » d’un FPS puisque vous devez viser et tirer sur ce qui vous paraît être une incohérence avec la « balle de vérité » adéquate pour mettre fin à la séquence et passer à la suivante. Par la suite, les choses se compliqueront un tantinet car vous n’aurez pas forcément les bons éléments de preuve à votre disposition et vous devrez donc parfois utiliser l’argument d’un personnage – en appuyant dessus avec l’écran tactile – pour dégommer ce qu’explique un 3e personnage. Entre ces phases de jeu, vous aurez parfois affaire à des suspects entêtés qui vous contrediront nonstop et qu’il faudra calmer à coup de séquences de rythm game ou encore des mots à deviner dans des sortes de pendus. Enfin, pour vérifier que vous avez bien suivi tout le raisonnement, le jeu vous demandera aussi de compléter une BD retraçant les événements du meurtre en choisissant les bonnes images.

Evidemment expliqué comme ceci, ça peut faire peur mais les raisonnements et phases de jeu étant abordées de manière logique, on comprend très vite comment tout se joue – surtout que le premier procès comprend un petit tutoriel bien amené. Enfin toujours est-il que Danganronpa propose une certaine variété dans ces phases de jeu qui permettent un vrai dynamisme aux procès qui ont été pour moi véritablement jouissifs. Le jeu n’est pas spécialement difficile, à moins que vous soyez une vraie quiche en anglais et/où ne suiviez pas le raisonnement, mais il y a cette tension qui monte vraiment d’un cran, d’une part  grâce à la musique qui sait se faire oppressante quand il le faut et au très bon doublage des personnages durant la totalité des procès – mais j’y reviendrai plus tard – et d’autre part car le jeu demande au joueur de bien s’investir en se concentrant au maximum dans ces phases de jeu durant parfois jusqu’à 2h (!) – voir plus pour certain(s).

Enfin bien évidemment Danganronpa se rapproche bien plus du visual novel que des autres genres mentionnés ce qui m’amène donc à m’attarder sur le cœur du jeu : son intrigue. Et waow, sur ce point le jeu ne déçoit pas. L’intrigue de base ne paye pas de mine à cause des thèmes vus et revus qu’elle aborde et des personnages de prime abord stéréotypés qu’elle nous sert mais elle se révèle bien vite intéressante – et ce dès le premier chapitre – car le scénariste Kodaka Kazutaka s’amuse à jouer avec nos certitudes et nos attentes pour nous envoyer souvent dans des directions bien différentes de ce à quoi l’on s’attendait. Sans être époustouflante, l’intrigue propose donc une bonne dose de twist – surtout au niveau des procès – sans pour autant tomber dans l’excès et pour peu que l’on accroche aux différents protagonistes, on s’investi vraiment dans l’histoire et l’on déprimerait presque à voir son personnage préféré se faire exécuter ou commettre un meurtre.

De plus, même s’il y a parfois quelques longueurs, le jeu à le mérite d’avoir un rythme bien plus dynamique que la plupart des visual novels et ça c’est bon. Je regrette juste qu’il soit un peu trop dirigiste à mon goût, j’aurais préféré qu’il propose plus que deux fins – un bad ending différent pour chaque procès foiré aurait été bien sympa.

Danganronpa : rendu 2.5DAu niveau de sa réalisation artistique, Danganronpa marque là encore un point qu’il s’agisse des jolies illustrations de Rui Komatsuzaki, du rendu 2.5D très particulier des environnements, du choix des couleurs étonnant mais collant parfaitement à l’ambiance – je pense notamment au sang qui est rose fluo et aux lumières flashy des différents couloirs – ou de l’interface générale du jeu très travaillée et qui fait bien penser à celle de Persona 4 – ce qui est très cool vu le nombre de dialogues. Mais le mieux reste encore l’OST de Masafumi Takada (Fatal Frame, No More Heroes…) que je trouve très franchement parfaite, tout simplement. Elle est assez variée pour un jeu de ce type, accompagne très bien l’action, touche plusieurs genres et est en général très agréable à écouter que ce soit durant le jeu ou en dehors. Le mieux reste durant les procès où là la musique est super punchy et assez marquante – j’adore Trial Underground en particulier qui fait bien monter la tension juste avant le début d’un procès ou encore le thème principal du jeu.

Enfin le jeu se montre assez généreux au niveau de son contenu : il faut à peu près 20 à 25h de jeu pour boucler l’histoire, sans compter la gestion des relations, la collecte de cadeaux et les différentes galeries d’illustrations et de vidéo à débloquer. De plus, version Vita oblige, on a même le droit aux trophées ainsi qu’à un school mode tout droit sorti de Danganronpa 2 qui se déverrouille une fois l’histoire finie et qui s’apparente à un jeu de gestion dans un univers alternatif où Monokuma ne force pas les élèves à s’entretuer mais à lui créer des robots – qui aboutissent toujours à des résultats bien marrants.

Tout est dit.

Tout est dit.

Si vous avez une Vita et que l’anglais ne vous fait pas peur, foncez acheter Danganronpa Trigger Happy Havoc ! Le type de jeu étant assez particulier, il ne plaira pas à tout le monde mais pour moi il s’agit très clairement d’un gros hit de la Vita et j’apprécie que l’on puisse y jouer en Europe parce que c’est le genre de jeu que l’on voit trop peu. Pour ma part, j’ai vraiment adoré l’expérience – je suis même allé jusqu’à platiner le jeu – et je ne saurais donc que vous le conseiller très fortement en attendant la sortie du 2 à l’automne et qui s’annonce encore meilleur.

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